Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales
Centre de recherches sur le Japon

Augustin Berque

Directeur d’études, EHESS

105 bd Raspail, 75006 Paris.
Tél. : 01 53 63 51 61
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Thèmes de recherche

Problématique de l'écoumène

Cette recherche place la question du paysage dans le cadre plus large d'une problématique de l'écoumène. L'écoumène, entendue comme l'ensemble des milieux humains, se définit ici comme la relation de l'humanité à l'étendue terrestre. Cette relation établit concrètement dans l'espace et dans le temps, c'est-à-dire dans un milieu et dans une histoire, le moment structurel de l'existence humaine. De ce point de vue, dont la définition revient au philosophe japonais Watsuji Tetsurô (1889-1960), milieu et histoire se supposent l'un l'autre : le milieu incarne l'histoire, qui engendre le milieu. À la différence de l'environnement considéré du point de vue des sciences de la nature, c'est-à-dire comme un objet universel, il n'est donc pas possible d'abstraire le milieu de l'histoire toujours singulière des sociétés humaines. Cela signifie que l'étude de l'écoumène (donc celle du paysage), tout en se fondant sur la connaissance objective de cette base qu'est l'étendue terrestre, exige l'interprétation herméneutique du sens que lui donne l'histoire humaine. Ce sens diffère toujours selon les sociétés, qui l'établissent de leur point de vue, subjectivement, tout en l'inscrivant objectivement dans l'étendue par leur action. Cette relation ambivalente, mi-objective mi-subjective, est la réalité humaine, celle de l'écoumène. En même temps physique et phénoménale, elle est tissée de géogrammes : des motifs éco-techno-symboliques, à la fois configurations géographiques et tendances historiques, à travers lesquels non seulement l'étendue prend un certain sens pour des êtres humains, mais qui expriment la dynamique même de l'existence humaine comme être-au-dehors-de-soi (Heidegger).

Le paysage, qui apparaît en Chine sous les Six-Dynasties et en Europe à la Renaissance, est une réalité de cet ordre : ni seulement objectif ni seulement subjectif, il est trajectif. Définir cette réalité demande un appareil conceptuel adéquat, lequel implique entre autres de saisir la mondanité comme un prédicat (Nishida), la corporéité humaine comme une extériorisation technique et symbolique des fonctions du corps animal (Leroi-Gourhan), et le lieu comme à la fois topos aristotélicien et chôra platonicienne.

Publications 

  • La ville insoutenable. Paris, Belin, 2006, 366 p. Voir le livre

  • Écoumène : introduction à l’étude des milieux humains. Paris, Belin, 2000, 271 p. Voir le livre

  • Médiance de milieux en paysages. Paris, Belin/Reclus, 2000 (1ère éd. 1990), 160 p. Voir le livre

  • Logique du lieu et dépassement de la modernité, Vol. I : Nishida, la mouvance philosophique ; Vol. II : Du lieu nishidien vers d’autres mondes. Bruxelles, Ousia, 2000, 390 p. et 294 p.

  • La Mouvance : du jardin au territoire, cinquante mots pour le paysage. Paris, Éditions de la Villette, 1999, 100 p.

  • Le Sauvage et l’artifice : les Japonais devant la nature. Paris, Gallimard, 1997 (1ère éd. 1986), 314 p.

  • Japan Cities and Social Bonds (Translated by Christopher Turner). Yelvertoft Manor : Pilkington Press, 1997, 234 p.

  • L’habitat insoutenable, projet de Programme international de coopération scientifique (PICS).




Dernière mise à jour : 3 février 2010

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