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Guillaume Carré

Maître de conférences HDR EHESS
Laboratoire(s) de rattachement : UMR 8173 Chine Corée Japon
  • Chercheur invité au Musée national de l'histoire et de folklore du Japon, à l'Université de Tokyo, à l'Academy of Korean Studies

Coordonnées professionnelles

CRJ-EHESS

190-198 avenue de France

75013 Paris

carre[at]ehess.fr

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Thèmes de recherche

L’intégration des élites citadines par le pouvoir des guerriers
 

Les agglomérations japonaises de l’époque d’Edo auxquelles étaient reconnues le statut de ville n’étaient pas formellement gouvernées par des élites issues du monde de la bourgeoisie (commerçants et artisans), mais par des guerriers nommés par les autorités shogunales ou des fiefs ; les officiers bourgeois, représentants de la roture, leur étaient donc subordonnés et ne jouissaient que d’un pouvoir de décision réduit. De plus, ces représentants de la bourgeoisie n’avaient aucune autorité sur les territoires urbains occupés par les guerriers et qui formaient pourtant la majeure partie de l’espace citadin dans les cités les plus importantes du pays. Malgré tout, les institutions confiées aux bourgeois jouaient un rôle essentiel non seulement dans la gestion des villes et dans l’élaboration des législations urbaines, mais même parfois pour le fonctionnement des politiques économiques shogunale et seigneuriale. Cet axe de recherche se propose donc d’examiner, en particulier (mais pas exclusivement) à partir du cas du fief de Kaga, quel type de personnage était choisi dans la bourgeoisie par les dirigeants guerriers pour participer au gouvernement des villes et aux affaires des fiefs, le mode d’intégration de ces individus dans le système de pouvoir seigneurial et les bénéfices qu’ils en tiraient, le rôle des institutions tenues par des citadins roturiers, etc.

La monnaie, le pouvoir et les financiers à l’époque d’Edo
 

Un des facteurs principaux des profonds changements économiques qui bouleversèrent la société japonaise durant la période d’Edo fut l’édification par le régime des Tokugawa d’un système monétaire basé sur une émission nationale et non plus sur l’importation de monnaies chinoises comme durant le Moyen-Âge. Système complexe et portant la marque d’héritages historiques et d’usages sociaux multiples, utilisant plusieurs métaux précieux (or et argent), plus commun (cuivre), voire vils (fer) et même à certaines époques et dans certaines régions, conservant une valeur monétaire au riz ; comportant de la monnaie comptée et de la monnaie pesée, des monnaies locales et en particulier du papier-monnaie, à quoi il faut ajouter les perturbations entraînées par les dévaluations fréquentes à partir de la fin du XVIIe siècle. Même si le shogunat imposa son autorité sur les émissions monétaires de l’ensemble du territoire au cours du premier siècle du régime, le concours de la bourgeoisie, fondeurs et financiers, s’avéra indispensable pour l’émission et la circulation des valeurs. Une partie de la roture citadine était donc profondément impliquée dans la politique monétaire du shogunat, comme dans la politique financière des fiefs et c’est donc ce rôle de la bourgeoisie, soit au travers d’institutions directement liées à l’administration guerrière (Guildes de l’or, de l’argent ou des monnaies de cuivre), soit par le biais d’organisations professionnelles (corporations de changeurs), que cette recherche se propose de mettre en lumière.
 

Publications

Ouvrages collectifs

  • « La description des dirigeants japonais de la fin du XVIe siècle dans les récits d'un captif coréen : le Kangyangnok de Kang Hang » in Japon Pluriel 9, actes du 9e colloque de la Société française des études japonaises, Éditions Philippe Picquier, Arles, 2014, 9 p. 

  • 「飯田とシャルルヴィルを比較する—問題、提案、展望」(Comparer Iida et Charleville : problématiques, propositions, perspectives), in 高澤紀恵、吉田伸之、フランソワ=ジョゼフ・ルッジウ、ギヨーム・カレ編、『伝統都市を比較する—飯田とシャルルヴィル・別冊都市史研究』、山川出版社, (Norié Takazawa, Nobuyuki Yoshida, François-Joseph Ruggiu, Guillaume Carré (éd.), Comparer les villes traditionnelles : Iida et Charleville, Histoire urbaine numéro spéciale, Tokyo, Yamakawa shuppansha), 2011, pp. 183-198. [en japonais],  pp. 17-34. [en français] 

  • « Seppuku : la mort sur ordre », in Le Japon : des samouraïs à Fukushima,Collectif, Paris, Librairie Arthème Fayard, Collection Pluriel, 2011, pp. 99-110.

  • « Deux cent ans de fermeture ? », in Le Japon : des samouraïs à Fukushima,Collectif, Paris, Librairie Arthème Fayard, Collection Pluriel, 2011, pp. 227-241.

  • (Avec Jean Esmein, François Mace et Pierre Souyri) L'Histoire du Japon : des origines à nos jours, sous la direction de Francine Hérail, Paris, Hermann, 2010, 1400 p. 

  • (Avec Christian Lamouroux et Zeynep Yildirim) « Crises monétaires et unification politique des territoires », in La monnaie dévoilée par ses crises, vol. 1 : Crises monétaires d'hier et d'aujourd'hui, sous la direction de Bruno Théret. Paris, Éditions de l’EHESS, 2008, pp. 165-169. 

  • « Stratagèmes monétaires : les crises du numéraire en métal précieux dans le Japon du xviiie siècle », in La monnaie dévoilée par ses crises, vol. 1 : Crises monétaires d'hier et d'aujourd'hui, sous la direction de Bruno Théret. Paris, Éditions de l’EHESS, 2008, pp. 233-264.

  • (Avec Jean Andreau, Jean-Michel Carrié et Christian Lamouroux) « La fiduciarité des monnaies métalliques : une comparaison historique », in La monnaie dévoilée par ses crises, vol. 1 : Crises monétaires d'hier et d'aujourd'hui, sous la direction de Bruno Théret. Paris, Éditions de l’EHESS, 2008, pp. 265-303.

  • « Les dettes d'un régime. Le legs financier de la période d'Edo et son règlement par les gouvernements japonais de Meiji», in La dette publique dansl'histoire, actes des journées du Centre de recherches historiques, Comité pour l'histoire économique et financière de la France, Paris, 2006, 30 p.

  • « Aux marges de la ville : faubourgs, parcs et résidence secondaires dans le Japon de l'époque d'Edo», A. Berque, PH. Bonnin, C. Ghorra-Gobin (éd.), in  La ville insoutenable, Belin, Paris, 2006, 11 p.

  • 「役の周縁・金沢銀座と諸方御土蔵の従業員について - Yaku no shûen. Kanazawa ginza to shohô o-dozô no jûgyôin ni tsuite」 ( Aux marges du service : les employés de la Guilde de l’argent et du Magasin général à Kanazawa) 『東アジア近世都市における社会的結合 - Higashi Ajia kinsei toshi ni okeru shakaiteki ketsugô』(Sociabilités des villes prémodernes d’Asie orientale) Inoue Tôru, Tsukada Takashi (éd.), Seibundô, Ôsaka, 2005, 31 p. [en japonais]

  • « Quelques réflexions sur la fiduciarité des monnaies métalliques à l’époqued’Edo », in Japon pluriel 5, actes du 5e colloque de la Société française des études japonaises, Éditions Philippe Picquier, Arles, 2004, 11 p.

  • « Les révolutions de l'époque pré-moderne », l'Etat du Japon, J.F. Sabouret (dir.), La découverte, Paris, 1995, 6 p. [Reprint 2004]

Direction d’ouvrages

  • (En collaboration avec François-Joseph Ruggiu, Norié Takazawa et Nobuyuki Yoshida) 高澤紀恵、吉田伸之、フランソワ=ジョゼフ・ルッジウ、ギヨーム・カレ編 『伝統都市を比較する—飯田とシャルルヴィル・別冊都市史研究』、山川出版社(Comparer les villes traditionnelles :Iida et Charleville, Histoire urbaine numéro spéciale), Yamakawa shuppansha, Tokyo, 2011, 232-67 p. 

  • (En collaboration avec Anne Bouchy et François Lachaud) Légitimités, légitimations : la construction de l’autorité au JaponÉtudes thématiques 16, EFEO, Paris, 2006, 317 p.

Direction scientifique

  • Dossier « Les statuts sociaux au Japon (XVIIe-XIXe siècle) », Annales. Histoire, Sciences sociales, n° 4-2011, Paris, Éditions de l’EHESS, 2011, 125 p.

  • Dossier « Edo au XIXe siècle, espace et sociétés », Histoire urbaine, n°29 décembre 2010, Marne la Vallée, Société Française d’Histoire Urbaine, 2010, 124 p.

Revues avec comité de lecture

  • « Contes d’argent et de cendres – L’argent entre Japon et Corée au XVIe siècle », Cipango, n°17, Année 2010, 2012, p. 11-61

  • « Les marges statutaires dans le Japon prémoderne : enjeux et débats »,Annales. Histoire, Sciences sociales, n° 4-2011, Dossier « Les statuts sociaux au Japon (XVIIe-XIXe siècle) », Paris, Éditions de l’EHESS, 2011, p. 955-976.

  • « D’une histoire en marge à l’histoire des marges : Les études urbaines sur la période prémoderne (XVIe - XIXe siècles) au Japon », Histoire urbaine, n°29, décembre 2010, Dossier « Edo au XIXe siècle, espace et sociétés », Marne la Vallée, Société Française d’Histoire Urbaine, 22 p.

  • « Par delà le premier ancêtre – Les généalogies truquées dans le Japon prémoderne (XVIe – XIXe siècles) », Extrême-Orient, Extrême-Occident, n°32,Saint-Denis, Presses Universitaires de Vincennes, octobre 2010, 27 p.

  • (En collaboration avec Christian Lamouroux) « Faux produits et marchandises contrefaites dans la Chine et le Japon prémodernes – Règlementations, corps de métiers et contraintes éthiques », Extrême-Orient, Extrême-Occident, n°32,Saint-Denis, Presses Universitaires de Vincennes, octobre 2010, 47 p.

  • « Fêtes et logiques territoriales dans les quartiers d’Edo au XIXe siècle»,Annales HSS, EHESS, Paris, sept-oct 2003, 21 p.

  • « Kinsei shoki no ryûtsû tenkan to toiya – kanazawa wo jirei to shite » (« A wholesaler at turning point : the case of the Ishiguro house of Kanazawa during the early Edo period »),『年報都市史研究 11 Nenpô Toshishi-kenkyû n°11』(The Urban History Annual), Yamakawa Shuppansha, Tokyo, 2003, 13 p. [en japonais]

  • « La conquête de la monnaie. Pouvoir et sapèques de cuivre au début de la période prémoderne», EBISU, n°28, Maison Franco-Japonaise, Tokyo, 2002, 22 p.

  • « Une crise de subsistance dans une ville seigneuriale japonaise au XIXème siècle: Étude d'après les notes journalières de Hishiya Hikoji pour l'année Tenpô 8 (1837) », Bulletin de l'École Française d'Extrême-Orient, EFEO, Paris, n°84, 1997, 34 p. Lire l’article

  • « Les communautés bourgeoises au début de l'époque d'Edo », CIPANGO, INALCO, Paris, 1995, 40 p.

Traductions

  • Morishita Tôru, « Les guerriers et leurs domestiques dans la ville seigneuriale de Hagi » Annales. Histoire, Sciences sociales, n° 4-2011, Dossier « Les statuts sociaux au Japon (XVIIe-XIXe siècle) », Paris, Éditions de l’EHESS, 2011, p. 977-1004.

  • Yoshida Nobuyuki, « Espace urbain et corporatios : Les associations de coiffeurs dans le Japon d’Edo », Annales. Histoire, Sciences sociales, n° 4-2011, Dossier « Les statuts sociaux au Japon (XVIIe-XIXe siècle) », Paris, Éditions de l’EHESS, 2011, p. 1005-1027.

  • Yoshida Yuriko, « Artistes ou marginaux ? : Les sarasa de Shinano »,Annales. Histoire, Sciences sociales, n° 4-2011, Dossier « Les statuts sociaux au Japon (XVIIe-XIXe siècle) », Paris, Éditions de l’EHESS, 2011, p. 1029-1052.

  • (Avec Hiromi Itô-Bergerot), Tsukada Takashi, « Les religieux mendiants d’Osaka durant la période prémoderne », Annales. Histoire, Sciences sociales, n° 4-2011, Dossier « Les statuts sociaux au Japon (XVIIe-XIXe siècle) », Paris, Éditions de l’EHESS, 2011, p. 1053-1077.

  • (Avec Yannick Bardy), Nobuyuki Yoshida, « Problématiques pour une histoire comparée des villes traditionnelles », 高澤紀恵、吉田伸之、フランソワ=ジョゼフ・ルッジウ、ギヨーム・カレ編 『伝統都市を比較する—飯田とシャルルヴィル・別冊都市史研究』、山川出版社 (Comparer les villes traditionnelles :Iida et Charleville, Histoire urbaine numéro spéciale), François-Joseph Ruggiu, Guillaume Carré, Norié Takazawa, Nobuyuki Yoshida (éd.), Tokyo, Yamakawa shuppansha, 2011,  pp. 45-54.

  • Iwabuchi Reiji, « Un guerrier dans la ville. Obligations de service et sorties d’un samouraï en poste à Edo au XIXe siècles », Histoire urbaine, n°29, décembre 2010, Dossier « Edo au XIXe siècle, espace et sociétés », p. 27-66.

  • (Avec Kazuko Nakayama) Yokoyama Yuriko, « Coiffeurs et coiffeuses d’Edo et de Tokyo », Histoire urbaine, n°29, décembre 2010, Dossier « Edo au XIXe siècle, espace et sociétés », p. 67-98.

  • (Avec Kazuko Nakayama) Yoshida Nobuyuki, « Edo au fil de l’eau », Histoire urbaine, n°29, décembre 2010, Dossier « Edo au XIXe siècle, espace et sociétés », p. 99-128.

Articles de vulgarisation

  • « Le Japon prémoderne, une exception ? » Grands Dossiers des Sciences Humaines n°24 – L’histoire des autres mondes, sept / oct / nov 2011, p. 64-65. (Entretien avec Guillaume Carré propos recueillis par Laurent Testot)

  • « Seppuku : la mort sur ordre », L’histoire, Numéro spécial «Guerre de sécession : la deuxième naissance des États-Unis», février 2011, p. 84-89.

  • « Deux cents ans de fermeture ? », L’histoire, n° 333, juillet 2008, p. 46-53.

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Collections et commerce de l’art à l’ère Meiji (1868-1912)

Journée(s) d'étude - Vendredi 10 mars 2017 - 09:30Journée d’étude organisée par le Centre de recherches sur le Japon (EHESS-UMR 8173) avec la collaboration du Musée Guimet.RésuméPendant l’ère Meiji, la perception des arts du Japon, anciens et contemporains, en Occident, tend à changer de décennie en décennie. C’est le fruit d’une connaissance croissante de l’histoire de l’art japonais, d’abord au Japon même, puis, parfois avec décalage, dans les sociétés occidentales ; tandis que le commerce international d’objets d’art ancien et contemporain, lui, reste important, mais change également au cours de la période. Or, ces processus historiques de connaissance croissante du « Japon artistique », pour reprendre un titre célèbre de Siegfried Bing, se déroulent en Occident de façon différenciée selon les événements et les contextes : expositions universelles, filières commerciales, acquisitions privées devenant collections publiques… Quels sont les facteurs historiques derrière ces phénomènes locaux, ces collections et ces filières d’objets ? En quoi leur genèse différenciée reflète-t-elle des réalités diverses du monde de l’art au Japon ?Étudier de tels processus d’échange et de constitution de collections d’objets est important pour saisir l’évolution des échelles de valeurs artistiques, donc l’image même de la culture du Japon, non seulement en Occident, mais au Japon même. En effet, cette évolution reflète l’image changeante, au Japon et parmi les Japonais du début du vingtième siècle, de la culture nationale elle-même. C’est pourquoi l’accent est particulièrement mis sur les facteurs historiques du côté japonais.La journée d’étude vise à contribuer aux travaux sur cette question, par le biais d’exposés portant sur des cas ponctuels, mais significatifs.Programme9h30 : Accueil des participants10h : Présentation de la journée : Arthur Mitteau (INALCO-CEJ, EHESS-CRJ)Collection, conservation et exposition des arts japonais en Occident sous Meiji : facteurs historiques et échelles de valeurModération : Christophe Marquet (INALCO-CEJ)10h15 : Hayashi Kumiko (JSPS, EHESS-CRJ)L’ancienne collection du Louvre, l’autre source du fonds japonais de Guimet. Création et évolutions (1893-1912).11h : Arthur Mitteau (INALCO-CEJ, EHESS-CRJ)Goûts classiques, goûts méconnus : logique et surprises de la constitution de la collection de peinture japonaise Fenollosa-Weld du Musée des Beaux-Arts Boston.11h45 : Coralie Legroux (Université Paris IV-Sorbonne, restauratrice du patrimoine habilitée auprès des musées de France)Exposer, encadrer et restaurer une peinture hors-cadre : les contraintes et les aspects matériels de l’exposition d’un kakemono en France au temps du japonisme.12h30 : DéjeunerÉvolution du commerce de l’art, évolution du regard au Japon, de Bakumatsu à MeijiModération : Midori Hirose (Université Paris Diderot-CRCAO)14h30 : Nishii Akane (EHESS-CRJ)Quel « Japon artistique » exporter ? Les hommes et les débats au Japon autour du commerce au départ de Yokohama, des industriels régionaux à la Société de l’Étang du Dragon.15h15 : Léa Saint-Raymond (Université Paris X-Nanterre-HAR)Le Japon à l’épreuve des enchères : étude statistique des ventes aux enchères publiques, 1860- 1900.16h-17h : Discussion finaleRéservation : arthur.mitteau@inalco.fr

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