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Construire une maison moderne dans le Japon des années 1920 et 1930

Conférence - Jeudi 16 février 2017 - 11:00Conférence de Yola Gloaguen (Collège de France/CRCAO) dans le cadre du séminaire collectif du Centre de recherches sur le JaponÀ l’été 2015, la Cité de l’architecture et du patrimoine à Paris présentait une exposition intitulée « Japon, l’archipel de la maison ». Organisée en trois sections thématiques – « Maison d’hier », « Maison de Tōkyō », « Maison d’aujourd’hui » – cette exposition « cherchait à donner des repères historiques et contextuels clairs pour mieux comprendre l’élaboration de ces lieux de vie, que sont avant tout les maisons dessinées par des architectes au Japon ».L’objectif ainsi énoncé fait directement écho à la recherche à laquelle je me consacre depuis une dizaine d’années, sur la conception et la construction de l’habitat individuel moderne au Japon. Dans la perspective d’une histoire globale de l’architecture moderne, le but de cette recherche est de fournir les éléments nécessaires à la compréhension de la période de l’Entre-deux-guerres ; celle-ci constitue en effet une étape cruciale de la transformation des maisons traditionnelles japonaises en bois, conçues et construites par des charpentiers, en maisons contemporaines d’architectes. Par leur remise en question du paradigme occidental du mode d’habiter et de la conception de l’espace, ces dernières engendrent à la fois fascination et interrogation, voire une certaine incompréhension. Pourtant, la rencontre entre le Japon et le monde occidental de la fin du XIXe siècle et les influences croisées qui en découlèrent sont au cœur de ce processus. De ce point de vue, les dynamiques d’assimilation, mais également de divergence à l’œuvre sur le plan de la conception et de la construction architecturale restent largement méconnues.La recherche conduite entre le Japon et la France a été jusqu’à présent menée sous la forme d’une étude de cas, celui de l’architecte tchèque naturalisé américain Antonin Raymond (1888-1976) et des villas qu’il réalisa avec son équipe dans le Japon de l’Entre-deux-guerres. En partant du postulat selon lequel le contexte japonais des années 1920 et 1930 avait conditionné l’acquisition et l’élaboration d’un certain nombre d’outils théoriques et pratiques, le travail proposait de décrypter le processus de conception architectural qui avait conduit Raymond à créer quelques-unes des réalisations de référence de l’architecture moderne des années 1920 et 1930 au Japon. La présentation sera consacrée aux diverses facettes de ce processus ainsi qu’à leur application concrète dans la réalisation de villas, en accordant une attention particulière aux questions de divergences et d’harmonisation des savoirs et des techniques.

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Literary Process in Early Meiji Japan: Tendencies, Milestones and Accomplishments

Conference - Jeudi 02 février 2017 - 11:00Conférence de Yuliya Osadcha Ferreira (National Academy of Sciences of Ukraine; Kyiv) dans le cadre du séminaire collectif du Centre de recherches sur le Japon.The establishment of a modern literary discourse in Meiji Japan required the creation of new and fundamentally different prose from the entertaining and didactic gesaku (戯作) of the Edo period or classical medieval literature of the Heian period. For creating this new kind of prose, Japanese literati needed to put in place new tools to recast and develop the modern Japanese literature.First, they had to create a clear new literary language through which writers would be able to convey to their ideas to reader of all social strata regardless of their level of education. Second, they were led to "re-invent" the fiction into a specific genre of shōsetsu (小説), along with a canon and content. Third, they also had to work on changing traditional view of fiction-writing from the frivolous pursuit belonging to the entertainment world into a professional activity of social import, with its own high-minded milieu of writers and literary critics.This reconfiguration of literary production took place at a time of deep social upheaval in Japan and with eyes fixed on modern European poetics, which - in its great variety - was difficult for Japanese authors to grapple with. For the success in the creation of new and original texts, Japanese writers were indebted to their experience of European authors’ translations.This talk will revisit the social history of Meiji literature, from the 1868 Restoration to the mid 80s. It will show how the formation of a new literary and critical discourse in Japan have been the fruit of not only processes internal to the literary world but was in many ways shaped by extra-literary phenomena such projects undertaken under the banner of "civilization and enlightenment" (文明開化), the movement for the unification of the spoken and written language (言文一致運動), and educational reforms, the development of journalism and the emergence of the professional literary milieu (文壇). 

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Le paysage dans la littérature orientale

Rencontre - Vendredi 20 janvier 2017 - 19:00Rencontre avec Augustin Berque (CRJ-EHESS) et Michel Collot (Université Sorbonne Nouvelle – Paris 3) dans le cadre de Lectures de paysages, zoom du salon de lecture Jacques Kerchache, au Musée du Quai Branly.Augustin Berque a fortement contribué au renouveau de la pensée sur le paysage. Il abordera la notion japonaise de mitate : « en matière de paysage, un lieu peut être un autre lieu, ou du moins être vu comme un autre lieu ».Michel Collot propose sa définition de la pensée-paysage en faisant dialoguer poésie et phénoménologie, Orient et Occident, plasticiens et écrivains, tradition et modernité.Rencontre avec Augustin Berque, géographe, orientaliste et philosophe, EHESS, auteur de La pensée paysagère, éditions Éoliennes, 2016 et de Formes empreintes, formes matrices, Asie orientale, éditions Franciscopolis, 2015 ; Michel Collot, professeur à l’université Sorbonne nouvelle Paris III, auteur de Poésie et paysage : Rencontre franco-coréenne, éditions L’Atelier des cahiers, 2009 et de La Pensée-paysage, éditions Actes Sud, 2011.

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Idly Scribbling Rhymers: Poetry, Nation, and Community in 19th Century Japan

Conférence - Jeudi 19 janvier 2017 - 11:00Conférence de Robert J. Tuck (Université de Montana) dans le cadre du séminaire interdisciplinaire du Centre de recherches sur le JaponDiscussions of Japanese literary modernity generally center on prose fiction rather than poetic genres, despite the important role poetry played in premodern Japanese literary culture. This paper, however, foregrounds two traditional poetic genres, kanshi (Sinitic poetry) and waka (modern tanka), and their role in Meiji-era (1867-1912) discourses of national literature (kokubungaku 国文学). As Meiji critics grappled with the creation and kokushi 国詩),” they also attempted in tandem to delineate the boundaries of national-poetic community. Exploring the poetry and critical writings of Meiji poets Masaoka Shiki 正岡子規 (1867-1902), Yosano Tekkan 与謝野鉄幹 (1873-1935), and kanshi poet Kokubu Seigai 国分青厓 (1857-1944), I highlight the fault lines and unstable boundaries of this national-poetic community, arguing that Japanese poetic modernity resisted the idea of nation and national-poetic community as synonymous. Tekkan, Seigai et al’s definitions of poetic community through exclusion and hierarchy – that is, who should not be a Japanese poet – complicate previous narratives of Meiji national literature that stress literary works as a focal point for visions of a cohesive national community. In both kanshi and waka, political factionalism and notions of hierarchical masculinity were major fault lines in the national-poetic project. The 1870s popularity of quasi-erotic kanshi, the so-called “fragrant-style (Ch. xianglian ti, J. kōrentai香奩体),” elicited attacks on practitioners as immoral, feminized, and corrosive to ‘proper,’ vigorous masculinity. With “fragrant-style” poems popular within the Meiji government, poetic masculinity became entangled with political factionalism, anti-government poets (notably Seigai) conflating poetics and politics to paint fragrant-style poets as weak and unworthy to represent the nation. Similar anxieties over poetic effeminacy influenced Meiji discussions on waka; despite government promotion of waka as a national poetry, as in the imperially-convened New Year’s Poetry Party (utakai hajime 歌会始) and official Bureau of Poetry (Outadokoro 御歌所), much Meiji discourse on waka reflected concerns that the genre’s themes of wistful love made it insufficiently ‘manly.’ As Tekkan condemned the Outadokoro as effeminate and waka as “women’s literature,” here too fault lines of gender and political factionalism disrupted the seemingly natural adoption of waka as a national poetry.   

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Confucianism and Sinosphere as Non-Chinese: a Globalized History of Early Modern and Modern Confucianism

Conférence - Jeudi 01 décembre 2016 - 11:00Kiri PARAMORE (Université de Leiden) donnera une conférence dans le cadre du séminaire collectif du Centre Japon.Comprised of two parts, one on early modern history, and one on modern history, this talk attempts to problematize the traditional association of both Confucianism and broader ideas of a Sinosphere with Chinese culture and identity.The first part of the talk argues that by the early modern period (at least by 1650) Confucianism operated across East Asia, both in configurations of culture and identity, and through institutional frameworks like diplomacy, in ways where it was clearly differentiated as a universalist paradigm against ethnic and cultural conceptions related to states. This was the case in Vietnam, Japan, Korea, but also in China. This differentiation relied upon shared understandings for how universalist paradigms could interact with a diversity of ethnic, cultural and national identities in different states, and an inherent acceptance of that diversity. The second part of the talk argues that in the modern period (particularly after the 1880s), in a global political context much less open to diversity, ownership of a more narrowly defined Confucianism was rather fought out between the different nation states, with Japan in particular powerfully employing Confucianism as a key plank in its pan-Asian ideology of imperialism in East and Southeast Asia. This kind of nationalist employment was later replicated in ROC Taiwan, South Vietnam and other states. In both the early modern and modern examples discussed, Japanese states, thinkers, and examples provide a particularly clear insight into complex ways that ideas of Sinosphere and Confucianism were disengaged from simple concepts of China during both these periods. 

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Les interprètes de Nagasaki au XVIIIe siècle : statut et identité

Conférence - Jeudi 17 novembre 2016 - 11:00Conférence d’Annick HORIUCHI, Professeure à l’Université Paris Diderot (CRCAO), donnera une conférence dans le cadre du séminaire collectif du Centre Japon.L’intervention portera sur les interprètes de Nagasaki spécialisés dans le hollandais (Oranda tsûji) qui assuraient la communication entre le bakufu et les représentants de la Compagnie hollandaise des Indes orientales (VOC). On verra que l’identité sociale des interprètes avait un contour assez flou, et on se penchera sur la manière dont ils pouvaient échapper à leur condition première qui était celle de marchand et rejoindre la classe guerrière. On s’intéressera également à un autre aspect de leur identité, qu’on pourrait qualifier de « nationale ». On évoquera les exemples où les interprètes n’ont pas hésité à délaisser les intérêts du shôgun pour adopter une position favorable aux Hollandais ou aux étrangers et on s’interrogera sur leurs motivations. Enfin, en dernier lieu, on se penchera sur leur identité en tant qu’individu, les aspirations, les ambitions personnelles que certains d’entre eux ont pu nourrir du fait de leur connaissance de la langue hollandaise ou d’autres langues occidentales 

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Much Ado About 'Nothing': The Kyōto-School as 'Media Philosophy‘

Conférence - Jeudi 03 novembre 2016 - 11:00Conférence de Fabian Schäfer (Friedrich-Alexander-Universität Erlangen-Nürnberg) dans le cadre du séminaire collectif du Centre Japon le 3 novembre 2016.AbstractIt is a commonplace in the existing secondary literature on the so-called Kyōto School (京都学派) that this modern strand of Japanese philosophy could be described as a 'philosophy of nothingness‘ (無の哲学). Depending on the respective ideological or disciplinary perspective, thinkers proposing the idea of 'nothingness' were either apotheosized by scholars of Japanese religions as the creators of an original Japanese mysticism, or criticized as proponents of a right-wing philosophy instrumentalizing the hypostasized term to serve the Japanese wartime regime in the 1930s and 40s by their exegetes. In fact, this schismatic view on the thought of the school has hindered more flexible and fruitful re-interpretations of the thought of the school to this day. Against this background, I will argue in my paper that the school – at least for a certain time in the 1930s, but possibly also beyond this period - should be considered not as a 'philosophy of nothingness' but as one of 'mediation‘ (媒介). Following this line of thought, I will argue that not only Nishida Kitarō (西田幾多郎), Tanabe Hajime (田辺元), Tosaka Jun (戸坂潤) and Sakai Masakazu (中井正一), who tried to circumscribe or even replace the abstract notion of nothingness with concepts such as 'mediation' or 'dialectics' (弁証法) from within the school, but also thinkers usually considered to be on its margins, such as Watsuji Tetsurō and Kimura Bin, who focused on the term 'in-betweenness‘ (間柄, 間), should be reconsidered as contributors of fragments to a particular kind of 'media philosophy' (Medienphilosophie) having evolved in Japan since the 1930s.

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Cartography in Transition in Modern & Contemporary East Asia (18th-21st centuries)

Journée(s) d'étude - Mercredi 02 novembre 2016 - 10:00The publication earlier this year of the seminal work Cartographic Japan, which saw the participation of many eminent historians, materializes an ongoing trend towards a greater recognition of cartography as a “window on particular moments of (…) history” (Wigen 2016 : 2). In fact, cartography and map-making are inextricably linked to the geopolitical, cultural, economic and social context of a given place, at a given time.During the first Centre CHINE-CORÉE-JAPON (CCJ) workshop in March 2016, the deciphering of pre-modern and early modern East Asian maps brought to light their representation of the organization of space in terms of cosmographical concepts rather than its topographic reality. In this sense, these maps materialized a seemingly inward-bound, domestic, and erudite reading of the world, which required specific tools and knowledge to understand them.From the end of the 18th century, in the advent of an increasingly global society, East Asian cartography reflects a more outward-bound approach, as maps had to be read, drawn up, and understood by an increasing variety of people, from individual explorers to competing powers. Thus, maps now sought to represent topographical elements, borders, networks, maritime space, sovereignty, resources, and demographics.The aim of this workshop is to analyse, in a longue durée perspective, the evolutions in East Asia cartography in terms of cartographic contents, methods, means, and ends. Organizers: Noémi Godefroy (CEJ/CRJ) & Vera Dorofeeva-Lichtmann (CRJ/IKGF, Erlangen)Chair Fabian Schäfer (Friedrich-Alexander-Universität Erlangen-Nürnberg)Speakers 10h15 – 11h15 - Patrick Beillevaire (Centre de Recherches sur le Japon - UMR 8173 CHINE-CORÉE-JAPON): Cassini in Ryūkyū: Introduction and application of the triangulation method for the mapping of Okinawa Island, 1737-175011h30 – 12h30 - Elke Papelitzky (University of Salzburg): Changes in the representation of the Philippines in Chinese and Japanese maps of the 18th and 19th century14h – 15h - Noémi Godefroy (Centre d’Études sur le Japon - INALCO/ Centre de Recherches sur le Japon - UMR 8173 CHINE-CORÉE-JAPON): From Ezo to Hokkaidō – “Connected geographies” & the Japanese mapping of the Ainu lands (18th – 19th centuries)15h – 16h - Radu Leca (International Institute for Asian Studies, Leiden): Maps and Maritime Expansion in Nineteenth-Century Japan16h30 – 17h30- Sophie Buhnik (Centre de recherche sur les réseaux, l'industrie et l'aménagement (CRIA)/ UMR Géographie-cités): Mapping a “society of rising inequalities” and its territories - Towards a renewed critical geography of Japan?

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Toy Stories of Modern Japan

Conférence - Jeudi 26 mai 2016 - 13:00Conférence de Masayuki TANIMOTO, professeur à l'Université de Tokyo, professeur invité à l'EHESS, dans le cadre du séminaire collectif du Centre Japon A recent book titled Labour–intensive Industrialization in Global History (Edited by Austin and Sugihara, 2013) pointed out that the labour-intensity should not be regarded as a feature of a stage but as a type of industrialization in the context of the economic development. The lecture tries to exemplify this hypothesis by exploring the role of small-scale industries in Japan’s industrialization by focusing on the changing patterns of the export trade from the late nineteenth century to after World War II. Although the individual categories only accounted for small proportions, the sum of various consumer goods other than textiles contributed a considerable proportion of manufactured exports, with changing the patterns in the composition after World War I. We can assume that there was an evolutionary process in production and that the small-scale industries played a central role in it. In other words, the foundation of the competitive-edge of Japan’s export-oriented industries transformed from cheap female labourers at the large textile factories to the skilled or semi-skilled male workers in the small workshops. We exemplify this process by focusing on the development of urban toy industry, a typical labour-intensive industry proliferated among industrialized as well as developing countries and regions from 19th century onward, and suggest that this form of industrial rivalry—competing for the affluent market in industrial finished goods—appears to have pioneered an important type of world trade, which expanded after World War II.  

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EHESS
CNRS
UMR 8173 Chine Corée Japon

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Le marché japonais à l’épreuve de la spéculation

Conference - Jeudi 02 mars 2017 - 11:00Cléa PATIN, Maître de conférence à l’Université Jean Moulin -Lyon 3, donnera une conférence dans le séminaire collectif du Centre Japon le 2 mars 2017.Le rôle très actif des Japonais sur le marché de l’art international dans la seconde moitié des années 1980 a fait couler beaucoup d’encre, tant dans la presse nationale et étrangère, que les magazines spécialisés. Aux États-Unis et en Europe surtout, les Japonais ont été accusés de s’approprier de manière indue les « trésors » des pays occidentaux. Certes, le marché de l’art, dominé par les acheteurs nippons, a fourni un exemple très pur des phénomènes d’enchaînement des records, dans un objectif de rendement à court terme. De nouveaux opérateurs issus des milieux d’affaires et de la finance, rassurés par la publicité des prix en ventes publiques, stimulés par la liquidité potentielle des biens d’art et grisés par leur pouvoir d’achat, ont alors commencé à acquérir des œuvres en masse à New York, Londres ou Paris, avec le soutien de leurs mar­chands. Parallèlement, d’autres acheteurs – surtout de grands entrepre­neurs – ont aussi caressé des idéaux qui transcendaient leur sens des affaires. Heureux et fiers de pouvoir enfin posséder des chefs-d’œuvre internationalement reconnus, ils ont cherché à ouvrir leurs collections, à faire venir au Japon des tableaux dont beaucoup n’avaient vu que des reproductions, à diffuser l’art au sein de la société. La bulle a-t-elle donc mis en place des forces profondes, le Japon souhaitant agir dans le concert des nations sur la scène artistique mondialisée ? Les Japonais de l’époque ont-ils véritablement assumé une ambition de dominer le mar­ché international ? Quelles ont été les conséquences de l’éclatement de la bulle sur le quotidien des galeries et les mentalités ?Si à l’époque la presse occidentale était particulièrement critique et acerbe, il ressort aujourd’hui que c’est bel et bien le Japon, victime d’asymétries informationnelles très fortes avec les vendeurs occidentaux, qui est sorti grand perdant de cette période d’emballement. Aussi conjoncturelle soit-elle, la parenthèse de la bulle spéculative a imprimé dans l’inconscient collectif un profond traumatisme, qui n’a pas fini de han­ter les acteurs du marché de l’art. Nous verrons d’abord que les années 1987-1989, ont vu s’opérer un élargissement spectaculaire du marché. Grisés par leurs succès financiers, des spéculateurs ont dès lors perçu dans l’investissement artistique un moyen de diversifier leur acti­vité, de contourner les restrictions tardives imposées par les autorités sur les autres marchés, voire de mener quelques opérations peu licites à des fins de refinancement ou d’évasion fiscale. Malgré un léger décalage sur le marché de l’art, tous ont cependant été rattrapés par la récession au début des années 1990, qui a engendré faillites et scan­dales en chaîne, ainsi qu’un reflux massif des œuvres.

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